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Nous avons droit à l'anniversaire de "La Journée de la Femme" . 40 ans. Le bel âge pour se sentir enfin indépendante, et libre de ses choix.

Pourtant je vois de plus en plus de jeunes femmes qui sont bien plus "prisonnières" d'une emprise masculine, emprise qui leur semble des plus normale, alors qu'il y a déjà plusieurs décennies de cela, lorsque j'avais leur âge je me battais pour affirmer mes droits.

Bien entendu, je ne suis pas contre cette "Journée de la Femme", au contraire j'aimerais que chaque jour certains se souviennent que la femme devrait se trouver sur le même niveau du podium de la vie. Pas de discrimination positive pour "donner" aux femmes quelques miettes que ce soit dans les rangs de la politique, dans le milieu professionnel, dans les droits civiques, et tout le reste…

Reconnaître nos différences n'est pas preuve d'infériorité ou de supériorité, mais simplement de constater que les femmes et les hommes peuvent avoir des forces, comme des faiblesses, sans automatiquement en faire un concours.

Je veux pouvoir accéder à la profession qui m'attire, non pas grâce à un quota qui obligerait à mettre un nombre de femmes dans telle ou telle case, mais uniquement grâce à mes compétences qui doivent être jugées de la même façon que celles d'un homme.

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A une époque de ma vie, jeune mariée sans enfant, j'avais un poste qui me convenait mais mon envie de changement me poussait à répondre à des offres d'emploi. Au cours d'un entretien en vue d'une éventuelle embauche, le patron d'un cabinet d'architectes me fait compliment sur mon CV, me dit que mon profil correspond exactement à sa recherche, mais… oui, il y avait un mais !!

"Vous êtes mariée et n'avez pas d'enfant" me dit-il. "Je suppose que comme "toute femme" vous désirez en avoir, assez rapidement ?"

Pourquoi cette question ? Désir ou non d'enfant, cela est privé et n'entrave en rien mes capacités !

"Oui, mais si vous décidez d'avoir un enfant, vous serez en congé maternité… vous comprenez. Je ne peux pas vous engager pour me retrouver avec un congé maternité. Je regrette, car vous correspondez au poste."

Je lui ai répondu que pour moi c'est lui qui ne correspondait pas à ma recherche, mais j'aimerais voir sa réaction si sa femme subissait la même mise à l'écart à cause de son statut de femme.

J'ai eu l'occasion de rencontrer ce patron au cours de l'exécution de l'une de mes missions quelques années plus tard. Il a tenté de revenir sur ses propos machistes en essayant de les faire passer pour une bonne décision pour moi qui avait un travail bien plus important et intéressant !!! Je lui ai dit ma façon de penser et il a évité par la suite de tenter toute approche.

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Ceci n'est qu'une petite anecdote parmi de très nombreuses autres encore plus sexistes. J'y ai toujours répondu seule sans aucune aide, en répondant sûre de moi cela refroidissait, cela me poussait parfois à cherchant ailleurs un autre travail plus intéressant, plus motivant, d'autres fois selon le motif en prononçant simplement le nom de l'épouse. Si les femmes connaissaient la couardises de la plupart de ces hommes qui veulent jouer au grand manitou ou pire au droit de cuissage !! Elles devraient réagir non pas en victimes, mais bien en se "mettant" sur le même pied d'égalité. Je mets des guillemets car la plupart des femmes qui ne réagissent pas, ne s'estiment pas être sur le même plan d'égalité.

Je ne parle pas là d'égalité concernant un travail, ni sur un niveau de compétences, etc. J'ai toujours respecté la hiérarchie vis-à-vis de mes supérieurs professionnels comme j'ai tenu à être respectée par les personnes dont j'étais la responsable. Mais là, je parle d'égalité sur le plan humain. Je suis là pour exécuter un travail que l'on me demande mais pas pour être un puching ball lorsque le patron a des problèmes, ni pour remplacer une épouse qui dort en "pilou" et qui ne satisfait pas monsieur.

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Ayant toujours travaillé dans un milieu d'hommes, j'ai eu beaucoup d'autres occasions de voir des comportements sexistes, machistes, grivois, etc, etc. Cela n'efface en rien les autres hommes qui n'avaient pas ce comportement et qui ont jalonnés mon parcours. Mais aujourd'hui je parle des droits de la femme et surtout des droits que la femme doit elle-même se donner avant d'attendre que l'on vienne les lui offrir sur un plateau. Un jour viendra, je l'espère, où le plateau sera en équilibre. Mais pour cela les femmes doivent le vouloir.

Garder le regard sur l'horizon infini des possibilités que la vie peut nous offrir si nous le voulons.

Ne pas gommer nos différences, mais les prendre come des forces qui nous poussent vers nos aspirations.

Ne pas avoir honte de nos désirs de femmes, nos rêves, nos dentelles et autres atouts de femmes.

Ne pas confondre l'aspiration à être reconnue égale avec rejet des hommes.

Vouloir être femme !

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ces fleurs pour ma grand-mère

Photos personnelles

 

"On ne naît pas femme, on le devient"

Simone de Beauvoir

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