banc

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Un banc est planté entre les tombes d'un vieux cimetière, ou les herbes folles ont pris l'habitude de prendre racine. Le vent aime s'amuser à semer au hasard de son humeur, des graines porteuses de vie en ce lieu abandonné.

Les stèles plus ou moins de guingois ne reçoivent plus depuis longtemps, la caresse des mains charitables venues les nettoyer. Pourtant, elles résistent vaille que vaille au temps qui fait tout ce qui est en son pouvoir pour effacer les quelques inscriptions qui refusent l'oubli.

Ici ou là, une rose trémière, quelques tiges de fol avoine ou une mauvaise herbe, semblent vouloir cacher les outrages du temps qui s'accentuent, lorsque les souvenirs des vivants deviennent défectueux.

Ce petit cimetière de campagne a été abandonné lorsque le village s'est agrandi. Un autre lieu de sépulture, qui lui, fait l'objet de toutes les attentions a été créé.

De nombreux passages dans ce nouveau cimetière, des bouquets de toute beauté ornent les tombes, et c'est à celle qui brille le plus grâce aux mains qui viennent les entretenir. Et pas de pitié pour la plus petite herbe qui se permettrait de se faufiler entre les jointures des dalles.

Chaque soir le gardien ferme à clef la grande grille dorée, qui doit se dresser dorénavant à l'entrée, pour empêcher toute dégradation !

L'ancien cimetière, lui, n'avait besoin d'aucune porte pour protéger son accès. Seuls quelques vestiges d'un petit muret délimitent encore cet espace. Pourtant, rien ne vient troubler la sérénité de cet endroit, si ce n'est le chant harmonieux des oiseaux qui donnent la réplique à la brise printanière.

Dire que ce cimetière est abandonné, n'est pas tout-à-fait exact. Car si ce banc reste planté si fièrement malgré sa peinture qui s'effrite, quelques échardes de bois qui s'échappent de ses planches disjointes, c'est parce qu'il sait qu'il se trouve au meilleur endroit. Il n'a que faire du nouveau cimetière, où tout est ordonné.

Ici, la nature fait oublier les lourdes dalles qui enferment les êtres disparus et auréole de poésie ce lieu qui oublie d'être austère.

Quelques feuilles se sont posées sur le banc qui attend la visiteuse qui chaque jour, vient s'y asseoir.

La jeune femme arrive prenant garde de ne pas faucher ou rompre sous ses pas les plantations du vent, un livre ou un cahier sous le bras. Ses cheveux libres volettent autour de son visage, des rayons d'or jouent dans ses mèches blondes. Elle pose un regard souriant sur chaque tombe qu'elle croise, changeant d'allée chaque jour pour saluer toutes les sépultures.

Parfois elle dépose un baiser du bout de ses doigts, comme une caresse, sur les vieilles pierres. Puis elle passe une ou deux heures selon le temps, à rêver, lire ou dessiner, assise sur le banc usé, avant de repartir.

Elle vient ainsi s'imprégner de beauté, de calme et de douces pensées. Peu importe qu'elle n'ait jamais connu aucune des personnes qui dorment en cet endroit. Comme la nature, son coeur sait communier avec les lieux qui sont habités par la grâce.

Elle sent le souffle d'amour qui fait battre le coeur de ce vieux cimetière. Elle ne le sait pas, mais elle est le dernier lien qui maintient ce lieu "en vie".

 

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encrier

 

Atelier d'écriture chez Fée Capucine N°10

http://ghislaine53.eklablog.com/atelier-fee-capucine-no-10-a127695182

Vieux, objet, défectueux, clef, imprégner, cacher, meilleur, effacer, charitable, sérénité

 

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Effacer de sa mémoire ce temps qui ne sait qu'avancer, et ne plus entendre le tic tac de l'horloge qui égrène chaque seconde qui s'enfuit.

S'imprégner de l'instant qui s'offre à nous, le saisir, l'aimer jusqu'à s'épuiser.

Cacher ce qui nous fait souffrir, nous fait remonter comme une lame de fond des envies de hurler.

Objet, souvenir, tout nous rappelle ceux qui se sont envolés, nous laissant le parfum des jours heureux.

Le meilleur d'eux reste en nous, pour bercer nos nuits sans étoiles à scruter les premières lueurs de l'aube.

Défectueux, s'essoufflant parfois devant l'adversité, notre coeur pourtant continue tel un bon petit soldat, son combat pour aimer encore et encore.

La clef de la vie est en nous, à nous de la faire tourner dans le bon sens afin que s'ouvrent les portes.

Vieux nous disent parfois nos articulations, mais jeune nous répond notre âme.

Charitable, c'est ce que nous devons être pour nous même, sans jamais verser dans la pitié.

Sérénité ! Non pas encore, mais qu'importe si nous savons profiter de chaque moment pour ressentir la vie.

 

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Merci à vous toutes de me suivre dans mes rêves, mes contes et autres histoires qui se servent des mots glanés ici ou là dans divers ateliers d'écriture, afin de me permettre de m'élancer vers l'inconnu.

Dans chaque liste de mots, l'un d'eux me prend par la plume sans trop savoir quel chemin il doit emprunter. Puis voilà une phrase, puis une autre et je me laisse guider sans en connaître la suite…

Ici le mot "vieux" s'est accollé à "banc", puis j'ai vu ce dernier planté dans un cimetière-douceur et la suite arrive ainsi, de mot en mot je saute d'une image à une autre, et je prends possession petit à petit de mon décor.

Capture d’écran 2016-12-08 à 16

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